Tous les ans, ça nous reprend :
un ou 2 jours avant la fin de vacances, un petit nuage apparaît dans le cerveau, qui passe vite fait et vient brouiller en quelques secondes ce moment magique au bord de la mer ou en extase totale
devant le coucher de soleil en montage ou ce parfait moment de partage entre amis, un petit pincement au plexus, tout petit, mais zut!!!
Puis, 1 ou 2 jours plus tard: sur le chemin du retour , une digestion pas évidente, des bouffées de transpiration, une vague inquiétude, une moue sur le visage, un regard qui se ternit, la
respiration qui se rétrécit :
ça y est, il est là, il revient:
le blues de la rentrée
Demain, les symptômes seront plus graves:
un mal fou à se réveiller, une folle envie de panne d'oreiller,
une mauvaise humeur au petit déjeuner,
une angoisse incompressible en découvrant les 1 500 mails et 20aine de coups de téléphones urgents auxquels il faut répondre,
les factures qui se sont amoncelées, dont certaines dates de délais de paiement largement dépassées ( merci l'Urssaf d'avoir comme dates de paiement le 15 aout et le 31 Aout) , ….
marre de devoir répéter à tout un chacun les quelques phares rituelles de retour de vacances, pas le temps de vraiment raconter ce qui fut important,
vision apocalyptique de l'agenda à venir avec une envie si forte de freiner avant de rentrer dans le tourbillon.
Le stock de tout à reconstituer: plus de beurre, plus de café, plus de PQ, les lessives à lancer et faire sécher, les courses de rentrée , fournitures scolaires et autres,
Et c'est plus fort que soi, en 2 jours, çà y est, complètement emportés dans le tourbillon, à nouveau: les réunions, les RV clients, les courses, l'agenda qui se bouscule, le téléphone qui n'arrête
pas, et les mails qui continuent d'arriver, et de nouveau, 1h par jour pour nettoyer ses spams et cie, …..
stop, stop , stop, stop!!
Pourquoi tout d'un coup ai-je l'impression de marcher à coté de mes pompes?
De quoi suis-je en train de faire le deuil?
Qu'est-ce qui fait que d'un coup toute mon énergie est sucée, que je me sens vidé!!
Pourquoi ai-je l'impression d'un coup de « subir » mon sort? d'être victime, sans pouvoir, sans puissance?
Que se cache-t-il derrière ce blues?
Et si ce blues , au lieu de l'enfouir vite fait, bien fait, en me laissant happé par le tourbillon habituel, si j'écoutais ce qu'il me dit? Si je le prenais au sérieux, comme un appel à une écoute
de mes besoins? Un appel à ma créativité existencielle?
Je reviens d'une semaine à l'espace du possible, dont l'université d'été portait sur « le management humaniste » et « la civilité créative » , et là, tant de témoignages sur la
souffrance au travail ! Quelque chose d'assez effrayant qui semble se diffuser , se répandre dans toutes les couches de la société, qui contamine tout: la famille, les enfants, … jusque parfois...
le «burn out « voire le suicide
Alors écoutons.
De quoi fais-je le deuil au retour de vacances ?
de me lever quand je veux, si je veux
d'aller me coucher quand je veux, si je veux
d'être en contact quasi journalier avec la nature
d'être coupé des nouvelles, des journaux, d'internet, voire du téléphone
de m'habiller léger, souple, sans contraintes
de sentir le corps libre, libre de bouger, libre de se reposer, libre de faire la fête, libre d'habits, en contact avec le soleil, avec l'eau, avec le vent, avec la terre, avec les autres corps
de manger des fruits et légumes succulents de soleil
de n'avoir comme contraintes que celles que je me mets
d'avoir un temps de vie fluide, avec un temps relationnel plus important que le temps « tâches »,
d'être dans un temps 100% présent, sans être entâché de que qui était hier et de ce qui ce que sera demain , parfois me totalement coupé de nouvelles, d'ordinateur, voire de téléphone , permettant
ainsi d'être 100% là, présent à ce qui est, dans l'ici et maintenant,
de prendre le temps d'un vrai partage, partage d'idées, partage d'émotions, partage de sensualité, avec son conjoint, avec ses amis, parler avec enfants , non seulement faire avec eux, mais
simplement le temps d'être avec eux …..
En quoi suis-je « à coté de mes pompes »?
Qu'est que qui fait que mon énergie est sucée, vidée?
Mon rythme de travail n'est pas mon rythme biologique
je côtoie dès le matin des gens que je n'ai pas choisi, dans le métro par exemple
je prends à peine le temps de m'occuper de moi la matin, à peine le temps de la douche
Je passe plus de 60% de mon temps à faire des choses que je n'ai pas choisies de faire
j'effectue des tâches non choisies
je suis statique, assis toute la journée derrière mon ordinateur
je ne marche plus
je mange mal à midi , la plupart du temps, d'un simple sandwich
je n'ai plus assez d'activité physique
je n'ai plus d'activité créative, d'activité « gratuite » pour le simple plaisir de se faire plaisir
j'ai une liste de choses à faire qui me sape le moral à l'avance
les aspects purement matériels et domestiques envahissent tout: factures, impôts, courses, ….
je n'ai plus le temps de perdre du temps
Comment me donner le temps de l'activité physique, de la marche, de la présence à mon corps, à ma créativité personnelle : peut-être instaurer un rituel: un temps dans la semaine, dans le mois? un
rituel de promenade à pied, un rituel du Week-end? Avec qui partager pour pouvoir s'épauler? Se créer des émulations à plusieurs, des gages pour celles et ceux qui n'y arrivent pas? Quel jeu mettre
en place pour s'émuler mutuellement? Des repères de type « une fois par mois, je vais danser avec mes potes » -s'engager vis-à-vis d'un groupe, d'une activité, prendre des
abonnements, ...
Comment donner accès à mon corps à cette liberté, et à ce contact avec les 4 éléments? Poser de vacances, se préréserver des week-ends prolongés, ...
Comment maîtriser davantage le flux relationnel pour devenir moins réactif mais davantage préventif - Là aussi, se créer des rituels? de type : appel à mes clients/fournisseurs tous les jours de
10h à 11h –
Comment transformer la relation purement fonctionnelle, commerciale ou hiérarchique en un moment de vrai partage, d'échange autant intellectuel que profondément humain? Quelle valaur ajoutée
créative, affective , pédagogique puis-je donner à chaque relation professionnelle? Que puis-je apprendre de chaque lien ?
Comment éviter de se laisser envahir par les aspects administratifs, matériels, domestiques? Que puis-je automatiser ? Déléguer? Externaliser? Ritualiser?
Comment prendre le temps de s'arrêter en cours de journée, prendre le temps d'appels personnels prendre le temps de manger , prendre le temps du plaisir de bien manger, le temps de la
rencontre? Le temps de l'informel?
Comment recréer des coupures de temps, des rebonds, des soupirs, des accélérations, des bombances et des vides, des pleins et des déliés dans mon organisation de mes tâches, de mon temps.
Comment recréer dans ma vie de tous les jours de la fluidité, de la pulsation entre l'inspir et l'expir, entre le yin ( accueil, écoute, gestation) et le yang ( expulsion, mise en action), , de la
divergence et de la convergence, de temps externe, du temps interne, du rituel et de l'inattendu, de l'organisation et du chaos, des temps de « avec les autres » et des temps de
« avec moi » , de la nourriture à l'extérieur, et de la capitalisation à l'intérieur ..
Comment donner sa juste place au corps? A l'affectif? De façon à équilibrer, et permettre un juste intégration entre nos 3 pôles: mental, corporel, affectif.
Comment créer de vraies respirations, de vraies coupures permettant de vivre chaque moment au présent, sans être contaminé par les tâches et projets d'après?
Comment prendre le temps de l' « être avec.. » , et non seulement du « faire avec »...
Comment ne pas subir? Comment reprendre ma puissance de création? Comment pouvoir être pleinement acteur de mon quotidien professionnel, sans me victimiser?
Alors, il ne s'agit pas tant de prendre de « bonne intentions », mais simplement de prendre le temps de poser un peu tout cela- de simplement se dire : « chic, j'ai le blues de la
rentrée ! Donc il y a des choses nouvelles à créer, et de se saisir de ce blues comme d'une opportunité pour expérimenter un nouveau cycle, un nouveau départ, de ne pas bêtement
enchaîner en refaisant plus de la même chose! Non! insuffler dans notre vie professionnelle quelque chose de la qualité de vie présente dans nos vies de « vacance » - Essayer autre chose,
différemment, créer, réinventer, redéfinir, insuffler du neuf, changer de place, changer de rythme, changer de partition, éviter la répétition de ce qui était déjà routinier . Et
s'amuser!!!! se remettre en quête de son plaisir, se remettre en quête de son désir , avec ses envies, avec son « génie » – Car là est la clef de l'énergie créative, le coeur du feu
sacré.
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