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Mardi 6 juillet 2010 2 06 /07 /Juil /2010 19:59


Les champs du développement territorial, du développement durable, de l'écologie,  sont des champs de grande complexité, des champs systémiques , qui ouvrent de grandes opportunités d'innovation,  à la condition de pouvoir s'appuyer sur des  dynamiques de concertation et de co-construction multi-acteurs . C'est ce qui rend la chose si difficile d'ailleurs , car les intérêts des acteurs en présence  sont souvent divergents . Car  rien n'est plus difficile que de co-créer : pour des problématiques d'égo, de pouvoir, de territoires, mais aussi par manque de méthodes appropriées. On se lance dans des débats contradictoires souvent improductifs, on assiste à des séances de « ball-trap d'idées », où chacun tire à bout portant sur chaque idée lancée, les décideurs ou les « politiques » prennent la main et orientent la création, on arrive à des consensus mous sans véritable engouement pour les projets qui émergent, …
Nous avons donc grand besoin d'apprendre à co-construire,  en créant un climat et une dynamique s'appuyant sur la richesse des différences de point de vue , en permettant une fertilisation croisée des expériences , des idées, ...
Or, les méthodologies de  pensée créative ont ceci de particulier que ce sont des méthodologies de pensée « productives », qui sont systémiques et inclusives: à savoir, c'est justement dans la diversité et le paradoxe que vont se jouer les sauts d'innovation.
Les processus proposés permettent donc à des acteurs ayant des intérêts divergents de pouvoir produire  ensemble non seulement des idées, mais aussi de choisir, décider, en commun, sans se perdre dans des débats contradictoires sans fin , souvent stériles et improductifs, où chacun passe beaucoup d'énergie à « défendre  sa position ». Elles s'appuient sur le plaisir, l'enthousiasme, la passion, l'envie de déboucher sur du neuf. Les négociateurs de la sortie de l'Apartheid  ont utilisé ces approches pour déboucher sur une résolution de cette problématique « impossible » à résoudre.

 Ces approches combinent intelligence collective et imaginaire collectif,  permettant d'atteindre des objectifs différents, depuis l'émergence d'un défi jusqu'à la décision du projet à mettre en oeuvre.
- diagnostic partagé

- partage des représentations
- radiographie de la situation
- pédagogie dynamique
- éloignement et décadrage nécessaire pour dépasser les idées préconçues et les autoroutes de la pensée
- production de solutions globales
- prise en compte des impacts systémiques de ces solutions
- « vente » des idées
- ....


Les techniques de créativité sont d 'une puissance fantastique dans les approches de co-création. On ne connaît en général que le brainstorming que beaucoup ne savent d'ailleurs pas bien animer ou exploiter. Ces techniques s'appuient sur des registres de pensée différents, permettant un décadrage, un éloignement propice à sortir des « autoroutes de la pensée »:  associations ( laisser couler le flux de nos pensées) , altération (détruire pour reconstruire), combinaisons , onirique,  pensée latérale, analogie.

Enfin, derrière l'aspect « technique », il y a avant tout une posture « possibiliste » et inclusive, basée sur le fondamental qu'est « l'art de différer son jugement »  et développant curiosité, « pro-activité », accueil de la différence, écoute, coopération, prise de risques, intuition, enthousiasme, vision, initiative, …
 Cette posture a un impact  tant dans sur sa vie quotidienne que dans sa vie  professionnelle -
mise en place d'un climat propice à l 'initiative individuelle ou à l'innovation de terrain
accueil des idées, des étonnements, des problèmes
réinterrogation de l'existant
veille des signaux faibles
transformation des contraintes ou des critiques en défis créatifs pouvant déboucher sur des innovations
...   

Depuis peu, de nouveaux publics  deviennent très demandeurs pour travailler avec ses approches
les milieux de l'enseignement et de l'éducation, en recherche d'approches pédagogiques participatives, avec une volonté d'agir sur l'émergence de la motivation des élèves. Déjà l'enseignement supérieur (écoles d'ingénieur, écoles de commerce, … ) ont systématiquement mis au programme ce type d'approches,  mais ce qui est intéressant c'est que cela commence à se diffuser au niveau des professeurs des collèges et des lycées, même si cela reste encore quelque peu marginal.
les acteurs de l'insertion professionnelle et de l'accompagnement de porteurs de projets, à coeur de renforcer leur approche d'accompagnement par des outils de maïeutique créative
les acteurs du développement territorial, les chambres consulaires, les associations,  les organismes publics, les communautés de communes,  les ONG ... soucieux de disposer d'approches  de co-construction multi-acteurs en intelligence  et en créativité collective.

Isabelle Jacob

Par Isabelle Jacob - Publié dans : Réflexions
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Vendredi 14 mai 2010 5 14 /05 /Mai /2010 22:44
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Jeudi 29 avril 2010 4 29 /04 /Avr /2010 00:27

 

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Mercredi 28 avril 2010 3 28 /04 /Avr /2010 22:00

Depuis le temps qu'on en parle - Il serait temps de s'y mettre en France!

Par Isabelle Jacob - Publié dans : Partages
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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 17:21

Qu'est-ce qui nous fait courir? Qu'est-ce qui nous fait créer? Qu'est-ce qui nous fait bouger, avancer, inventer, s'adapter, décider, bâtir des projets?
Si ce n'est l'émotion:
L'émotion est créatrice d'un mouvement, donc d'un changement, dans le monde du vivant - émouvoir = mettre en mouvement. », nous dit Wikipedia.

Que ce soit de l'émotion « négative » : je suis frustré, je suis en colère, je suis triste, j'ai mal, je suis inconfortable: cela déclenche du coup un « mouvement » pour arrêter cette émotion qui ne me convient pas: du coup , envie d'agir, de transformer la situation, de trouver une « solution » pour fluidifier, contourner, exprimer,... pour transformer ma souffrance , pour rebondir ailleurs, différemment. Je me mets alors en recherche d'un nouvel équilibre qui me convienne davantage, et cela déclenche ma créativité.
Du côté des émotions « positives », je suis enthousiaste, je suis « en amour », je suis dans le plaisir, j'ai des envies, des désirs, des rêves: là aussi, tout mon être va se sentir « aspiré » pour réaliser ces désirs, ces rêves, ces envies : naîtront alors des projets, des créations, qui me feront aller de l'avant.

Certes, les émotions peuvent également bloquer le processus créatif:  je peux me sentir découragé, paralysé, victime de mes émotions négatives, et ne pas agir – Je peux également me trouver dans un état de confort ne me poussant pas à bouger -

Ne serait-ce pas là que réside une des qualités de la personne créative? Qu'elle éprouve des émotions négatives ou positives, c'est justement sa capacité à faire quelque chose de cette émotion, de refuser le statu quo, d'accepter de se mettre en « déséquilibre » - « bousculé, je bascule » disait Khaled Roumo, un des mes formateurs en communication interculturelle -
Donc de « faire sortir l'émotion » , de la transformer en « motion » , en énergie pour transformer la situation, en « motivation »

Dès lors, en tant que facilitateur de créativité, en tant que promoteur de changement, en tant que manager , il va falloir mettre l'émotion au cœur de mon dispositif d'intervention.

Émotion et processus créatif


Nous allons identifier les phases cruciales de mobilisation des émotions lors des 3 grandes phases d'un processus créatif: la définition du défi, la recherche de solutions, la préparation du changement.

Au préalable et pendant toute l'intervention : instaurer un climat de groupe dans lequel convivialité, plaisir, confiance, inclusion des différences et respect sont au rendez-vous. Cela va sans dire que les exercices préparatoires , appelés souvent « énergétiseurs », se devront d'avoir une composante émotionnelle, dont l'intensité est à mesurer avec délicatesse en fonction du degré de maturité du groupe, du temps et de la profondeur de l'implication personnelle demandée; attnetion de ne pas proposer des « énergétiesuers » qui créeraient des émotions antiproductives ( peur, méfiance, colère, dérision, ridicule, ….) . C'est toute une belle mayonnaise qu'il faut faire monter par ces « émulsifiants ».( voir « exercices de gymnastique mentale, d'échauffements créatifs et de constitution du groupe »)

la définition du défi:
tel que formulé ici, cela pourrait paraître comme une phase essentiellement rationnelle, cognitive . En fait, c'est une des phases clefs pour mobiliser l'énergie des acteurs autour de ce défi, pour permettre qu'ils se l'approprient, qu'ils sachent quels enjeux pour eux cela représente. Faire en sorte de sortir justement de ce qui est convenu pour permettre aux participants, aux futurs acteurs de l'innovation ou du changement, au delà des statuts, des  rôles. Les mettre en relation avec leur expérience intime du sujet abordé, ne pas travailler uniquement à partir des représentations mentales, mais des représentations émotionnelles du sujet, faire sortir les émotions positives, négatives, «  je suis frustré quand... » , ce qui me met en colère c'est ... » , « j'apprécie particulièrement quand... » , « mon plus grand plaisir cela a été ... » - mener avec eux un diagnostic partagé de la situation qu'ils vivent  - Identifier avec eux ce qu'ils y gagneraient si …. les aider à transformer leurs émotions négatives bloquant leur imaginaire et leur capacité à bouger en rêve «  ce serait génial si... » , ce que je pourrais y gagner si ... » , les mettre en empathie avec les autres acteurs partie prenante du changement, avec les futurs clients, ...- Sidney Parnes, venu il y a 15 ans à Paris pour témoigner du processus créatif utilisé dans la résolution du conflit de l'apartheid me disait , en référence à son modèle CPS, qu'il était important de rajouter cette phase uniquement centrée sur la mobilisation de la motivation à changer. Pour illustrer cela, ils avaient utilisé une approche très indirecte , parlant droit au cœur des gens, en créant une émission télé quotidienne où, chaque jour, une personnalité d'un monde différent (artistique, culturel, scientifique, business, …) témoignait d'une grand changement dans sa vie, avec ses propres difficultés et résistances, et ce qu'ils y avaient gagné en se laissant « bousculé ».  L'idée était de rassurer les auditeurs, de façon indirecte, sur le fait que eux aussi pourraient trouver du bon dans le grand chambardement à venir.
Pour résumer: faire émerger « un attracteur étrange » permettant aux participants de sortir de leur « chaos » et les mettre en disposition de  mobiliser leur énergie dans le changement, créer les conditions « aspirationnelles » pour que les personnes « aspirent » à cette résolution, à ce changement, à ce projet, à cette innovation. Et ceci via plusieurs approches:  le diagnostic partagé pour relativiser sa propre émotion, voir les aspects négatifs autant que positifs; le témoignage et le partage de son expérience intime, pour en faire un « corpus » de savoir collectif ( comme dans les « world café »), la constitution de groupes de travail par « élection/passion » ( comme dans l'approche ouvertete « Open Space », le rêve éveillé pour permettre une projection de l'idéal , ….

La recherche de solutions:
Lors de la phase d'idéation, là aussi, s'appuyer sur l'émotionnel va être clef- Pour mobiliser l'investissement personnel à chercher des solutions, solliciter l'imaginaire, faire émerger des couches du préconscient, voire de l'inconscient. Cela est aisé avec l'aspect ludique des techniques de créativité, mais pour aller plus loin, on pourra utiliser les approches de « créativité sensible » telles que décrits par Guy Aznar et Stéphane Ely: la musique comme déclencheur d'émotions, des approches dans lequel le corps est mobilisé ( sculptures humaines, peinture à doigts, collages, création de « protocepts », mouvements dansés, ou des approches plus métaphoriques et poétiques ( images projectives symboles, archétypales, photolangages,) , identifications, rêve éveillé, ....
Lors de la phase de préselection des idées à développer, je crois très fermement à la puissance de ce que j'appelle l' « élection hédoniste » des idées: quelles sont dans cette production, les idées qui me passionnent, qui me motivent, que j'aimerais tant voir se réaliser: là , on rejoint le rêve, l'étoile; ceci est une garantie que les participants vont continuer , dans cette phase de pré-convergence, à mobiliser toute leur énergie créative, le processus créatif d'enrichissement puis de « vente » de l'idée restant à se déployer. Bien entendu, des croitères plus « rationnels » de sélection interviendront par la suite.

Enfin, dans la dernière phase de la préparation du changement, il va nous falloir transmettre l'émotion de la solution, faire en sorte que les décideurs ou les futurs « implémentateurs » sentent, goûtent la solution, se l'incorporent, la fasse leur, soient « touchés » . Donc là aussi, des approches mobilisant l'émotion, la poésie, la métaphore seront de rigueur (images, histoires, …) ( voir  « Donnez de la vie à vos idées, à vos concepts, à vos visions »)


On le voit, si les approches créatives sont souvent présentées comme des approches de pensée créative, force est de constater qu'elles mobilisent bien davantage notre être en totalité : être de pensées certes, mais être de coeur avec toute sa composante affective et émotionnelle, et être de corps qui mobilise l'énergie du mouvement.

Isabelle Jacob
article  inspiré par :
- l'intervention avec Stéphane Ely, sur le thème de Emotion et créativité :  dans le cadre du certificat Universitaire de créativité – dispensé par crea-université – Université Paris Descartes – en Avril 2010
- le séminaire « l'art d'inventer des idées  : l'approche sensible de la créativité» en co-animation avec Guy Aznar et Stéphane Ely – Crea-conference Aril 2010

Par Isabelle Jacob - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 14:08


" Sans humour, le cerveau n'est qu'une matière toute grise "
entendu sur France Inter

Imaginons un groupe de créativité au sein duquel un facilitateur se prend au sérieux, énonce d'un ton docte des règles du jeu du fonctionnement créatif - la suspension du jugement, les deux temps de divergence/convergence, … - puis met le groupe en production d'idées …
Deux scenaris possibles à mon avis:
soit le groupe se soumet à ce climat emprunt de sérieux, et est amené donc à produire des idées « sérieuses »: ce qui veut bien dire que le jugement n'est pas suspendu : le mode de production d'idées riquera d'être immédiatement « dans le cadre » , efficaces , « poliquement correctes. Ici point de place pour le flou, pour l'ébauche d'idées encore imparfaites. Aucune prise de risques, personne n' « osera » le moindre « détour » créatif.
soit le groupe, saisissant le message totalement paradoxal du facilitateur, aura envie de déclencher une bascule chez ce facilitateur quelque peu coincé, et le groupe va alors s'y donner à cœur joie à ne produire que des idées provocatrices, par une émulation réciproque, au risque de ne faire que se purger sans jamais avoir une production quelque peu exploitable.

"La distinction la plus trompeuse est celle qui oppose
le travail et le jeu."
Germaine Greer


A la seule vision de ce scénario cauchemar, force est de constater qu'au cœur même du processus de facilitation d'un groupe de créativité, la posture de l'animateur se devra d'inclure l'humour. Le facilitateur en créativité se doit de proposer et d'incarner une séance de « travamusement » : travailler en s'amusant .
En quoi cette posture est-elle libératrice de créativité? Et quels moyens le facilitateur a-t-il à sa disposition?
Tout d'abord, l'humour va permettre aux participants d'accéder à leur énergie ludique. Car le du processus créatif est un processus de jeu: jouer avec ses représentations, jouer avec les sens différents, jouer avec les imaginaires, des futurs non encore existants, se mettre donc dans cet état d'esprit de l' « enfance » où tout est possible, rien n'est interditt, tout est combinable, décadrable, réutilisable, …
L'humour va également déclencher rire et plaisir, et par cela même ( voir article sur les effets physiologiques du rire ), des endorphines propres à mettre les participants dans un état d'
expansion de conscience propice à une production débridée, à un imaginaire foisonnant, aux ressources de son inconscient car activant des circuits neurologiques non accessibles habituellement.
L'humour va  avoir également une portée pédagogique puissante: à l'instar de l'adage «  un beau dessin vaut mieux qu'un long discours » , l'humour  peut libérer des prises de conscience déflagratrices .
Enfin l'humour est au cœur même de l'expérience créative: permettant une prise de recul par rapport à une situation difficile ( cf l'humour juif), le décadrage ( Boris Vian, Picasso, Raymond Devos, le récup'art, …) , l'aide à l'apprentissage ( le conte ou la parabole), la prise de conscience ( par la caricature) .

"Les gens qui ne rient jamais
ne sont pas des gens sérieux."
Frédéric Chopin

Aussi étayer sa formation ou son intervention de supports permettant cette distance par l'humour:
des petites histoires illustratives, des contes ou des paraboles ( j'aime particulièrement les « brèves de comptoir » de JM Gouriot ou les contes soufis hautement métaphoriques)
des extraits de film
des powerpoint humoristiques
des situations caricaturées, dessins illustratifs, bandes dessinées, ...
des jeux et des situations dans lesquelles les participants seront invités à l'humour
et bien sur une congruence dans la posture même de l'animateur .


Je ne peux que conseiller à tout animateur de créativité à développer sa capacité à prendre les choses avec humour en ayant, par delà son professionnalisme de facilitateur, des activités telles que : ateliers d'écriture, collage, clown, conte, ….. lui permettant d'incarner la posture créative de « suspendre son jugement ».
Attention toutefois: l'humour se devra d'avoir une portée pédagogique ou adaptée au thème ou au groupe : rien de pire que de « séduire » un groupe avec une blague quelque peu « lourde »  au relents souvent racistes ou sexistes!

Isabelle Jacob
Par Isabelle Jacob - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 14 janvier 2010 4 14 /01 /Jan /2010 15:34
L 'année 2009 a été marquée par une prise de conscience que « rien de va plus », alimentée  par de drôles de phénomènes: crises de gouvernance, remises en question du tout libéral et du tout financier , développement de symptômes graves de souffrance au travail, avec ses phénomènes de « burn out », de Troubles musculo-squelettiques, de dépression nerveuse, voire de suicide, tout ceci sur fond d'interrogations sur les équilibres écologiques à Moyen terme, le moyen terme se rapprochantt de jour en jour , de délocalisations quelque peu abusives, de privatisations aux effets pervers,  d'opérations de fusionsacquisitions, de crise boursière, de violences urbaines, ou de violences rurales, de licenciements encore et encore, de doutes sérieux sur le bien fondé scientifique des campagnes de vaccination  anti-grippe, ...et de constant que l'équilibre Nord-Sud n'est décidément pas prêt de se faire.
Et chacun de se réinterroger sur les nouvelles priorités à mettre en œuvre tant dans son quotidien de consommateur, de citoyen ou de travailleur .

Aussi je ne peux que nous souhaiter que 2010 soit un tournant vers une conception « hédoniste » de notre rapport à la plupart de nos actions, et de mobiliser notre créativité personnelle et nos créativités collectives pour modifier nos modes de travail, d'organisation, de leadership , d'innovation autour de valeurs « éthiques » .
Il y a tout à inventer, à réinventer!!!

Définition de la philosophie hédoniste :(selon Wikipédia)
« Les penseurs hédonistes ont orienté leur vie en fonction de leurs dispositions propres, mais on retrouve des thèmes communs : l'amitié (thème cher à Épicure), la tendresse, la sexualité libre, les plaisirs de la table, la conversation, une vie constituée dans la recherche constante des plaisirs (cf. Le Gorgias de Platon), un corps en bonne santé. On peut aussi trouver la noblesse d'âme, le savoir et les sciences en général, la lecture, la pratique des arts et des exercices physiques, le bien social...
Dans le même temps, les douleurs et les déplaisirs à éviter sont les relations conflictuelles et la proximité des personnes sans capacités contractuelles (sans paroles), le rabaissement et l'humiliation, la soumission à un ordre imposé, la violence, les privations et les frustrations justifiées par des fables, etc.

Ainsi, il n'y a pas d'hédonisme sans discipline personnelle, sans ascèse, sans connaissance de soi, du monde et des autres. Les fondations directes d'une philosophie hédoniste sont la curiosité et le goût pour l'existence d'une part, et d'autre part l'autonomie de pensée (et non la croyance), le savoir et l'expérience du réel (au lieu de la foi)».

Que voilà un beau programme!
Remettre l'Eros au centre de nos vies!
Devenir poète de nos vies, de nos relations, de notre savoir !

Une philosophie de la vie redonnant donc le pouvoir à l'Eros, une des 5 divinités primordiales de l'antiquité, celui qui « dompte l'intelligence et la sagesse ». « Éros est à l'origine de la création. Il nait de l'œuf cosmique issu de l'union de l'Éther et du Chaos. À la fois mâle et femelle, il a de nombreuses têtes d'animaux. ... Pour Phèdre, Éros est une divinité primordiale, « celui qui fait le plus de bien aux hommes », « il inspire de l'audace », « est le plus ancien, le plus auguste, et le plus capable de rendre l’homme vertueux et heureux durant sa vie et après sa mort . ..Agathon le présente comme le plus beau et le plus jeune des Dieux, n'en déplaise à Hésiode et Parménide. C'est un Dieu délicat qui « marche et se repose sur les choses les plus tendres » et « s'éloigne des cœurs durs ». Il est formé d'une essence subtile – c'est la grâce qui le distingue –, ne peut recevoir aucune offense, est de la plus grande tempérance. C'est le plus fort des Dieux, plus fort qu'Arès même. Il est très habile car il rend poète celui qui est inspiré de lui... Pour Socrate, Éros est amour de quelque chose : c'est l'amour de la beauté.»  ( source Wikipédia)...

Faire plaisir et se faire plaisir .

Programme égoïste?


Oh que non! Programme révolutionnaire ! Car désirer cela c'est réorienter toute notre énergie de créativité vers cela, faire en sorte que cela soit possible , franchir les obstacles, les croyances, les valeurs « anti-vie » qui nous entourent et dont tant se font les porte-paroles , voire les porte- drapeaux.
D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que « La pensée hédoniste a été fermement combattue par les régimes autoritaires (qu'ils soient religieux, philosophiques ou politiques). » ( source Wikipédia). Ou que cette philosophie a été caricaturée, dévalorisée, ridiculisée en l'accusant de maux de dépravation ou d'individualiste  ou en la cantonnant à une acception purement « génitale ».
D'après Michel Onfray, l'hédonisme se résume par cette maxime de Chamfort : « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà, je crois, toute la morale ».( source Wikipédia)

Car imaginons les conséquences sociétales de ce principe philosophique:

    plaisir et alimentation: privilégier le goût, l'apprentissage du goût : réhabiliter les fruits et légumes frais, et de saison, avec des circuits  de distribution courts, réhabiliter les herbes aliments, nourrir  correctement les animaux gambadant allègrement, prendre le temps de faire à manger, …
    plaisir et habitat: lutter contre les dérives de l'anonymat ,  permettre à chacun d'avoir un minimum d'espace pour vivre, inventer de nouvelles formes de partage de l'espace pour recréer une mixité interclasses, inter-générationnelle, interculturelle,  et créer les conditions pour que les habitants créent du lien entre eux, et puissent travailler et habiter dans des espaces proches (lutter contre les cités dortoir), redonner sa place aux piétons, aux places de marché, aux fêtes partagées, …
    plaisir et travail: réenchanter le travail avec un rêve, une vision partagée, s'appuyer sur les désirs, les rêves, les talents et les ressources de chaque collaborateur – au sens premier du terme co-élaborateur
    plaisir et vie politique ( « science des affaires de la cité ») : réenchanter la politique par une approche participative, des comités citoyens, une écoute des désirs, des projets communautaires,  
    plaisir et sciences : consacrer des budgets de recherche à la résolution de grands fléaux mondiaux tels que l'accès à l'eau, lutte contre la faim, énergies propres, désertification, exodes économiques ou climatiques, pandémies ( paludisme, sida, …) … valoriser les grandes découvertes renforçant les lois du vivant , ( et non la science au profit de la guerre, de la compétition, de l'appropriation et l'industrialisation du vivant, ..) - Réenchanter la recherche  par une approche éthique
    plaisir et économie: modifier les critères qualitatifs de mesure de nos performances économiques en mettant en avant des critères de bien être global – revaloriser les métiers créateur de valeur ajoutée humaine: soignants, éducateurs, chercheurs, services publics. .. toutes celles et ceux qui créent du savoir, du lien, du soin 
    plaisir et éducation: une éducation générant passion et motivation à apprendre,  permettant une réelle expression des talents de chacun, basée aussi bien sur le savoir que sur la vie en groupe, la connaissance de soi, des autres et du monde, autonomie de pensée, curiosité. Une éducation où l'on apprend dans le plaisir, par le jeu, par l'implication, par l'expérience du réel. Une éducation où l'on parle davantage des merveiles du vivant, des grands penseurs , des grandes civilisations, des grands découvreurs que des guerres . Une éducation « aspirationnelle » , qui donne le goût pour l'existence, qui donne envie de vivre, de créer,  s'exprimer, de s'impliquer, ...
     plaisir et relations familiales et amicales : nos vies professionnelles se nourrissent de notre vie professionnelle et vice-versa ) arrêter donc de les opposer , de les cliver – développer des modes d'organisation du travail plus souples, prenant en compte l'importance d'une épanouissement affectif de chacun, le temps de se ressourcer,...
    plaisir et créativité: c'est bien le propre de l'humain de disposer de plusieurs langages d'expression et de pouvoir « créer sa vie » et « résoudre en permanence des problèmes » pour s'adapter . Remettre au centre ce pouvoir de créativité en ne le cantonnant pas aux artistes et faisant de nous des « consommateurs » d'art et de culture , mais en nous redonnant notre pouvoir de créer nous-même nos dispositifs artistiques et culturels. Mettre systématiquement en place des modalités d'intelligence et de créativité collective, afin que chacun s'approprie les changements, les innovations,... et se responsabilise dans la résolution des problèmes rencontrés en cours de route.


Ceci veut bien dire de modifier nos priorités:
Arrêter de vivre de façon schizophrénique, une vie où plaisir et travail sont opposés, où vie privée et vie professionnelle deviennent incompatibles.
Arrêter de mobiliser notre créativité pour des innovations sans valeur ajoutée systémique , sans sens, qui ne servent qu'à une course en avant , sans vision à long terme
Arrêter d'opposer la logique humaine à la logique économique
Arrêter la recherche d'efficience en manageant au « chantage », par la peur et par le stress paralysants, toxiques voire pervers.
Arrêter la mise sous compétitionon au profit de modes de collaboration coopératifs, avec une volonté d'obtenir un haut niveau de satisfaction tant interne qu'externe
Arrêter de courir pour prendre le temps de la réflexion, de la prise de recul
Arrêter de ne considérer nos organisations que comme des machines à produire , dont les humains ne sont que des rouages, mais les construire sur des rêves et des visions riches de sens,  créant pour chaque collaborateur les conditions d'une fierté d'appartenance et mobilisant la motivation et la créativité de chaque collaborateur.

Je suis un acteur de ce changement

Comme je ne peux attendre que les autres fassent le boulot, comment chacun d'entre nous peut-il se responsabiliser pour mettre dans sa vie cette composante du plaisir? Pour mettre de la vie dans sa propre vie ?

En tant que membre d'une entité familiale:
    prendre plaisir à écouter ses enfants, à jouer avec eux, à apprendre avec eux, à créer avec eux
    prendre plaisir à tirer de l'expérience de vie des anciens des enseignements pour notre vie d'aujourd'hui, les faire témoigner, assurer le partage de l'expérience auprès des jeunes générations
    toucher, caresser , les êtres que l'on aime, être à leur écoute, les valoriser , leur dire qu'on les aime
    créer des évènements, rencontres, partages, diners, fêtes,... permettant de rire, de se raconter,
    avoir des temps informels , « gratuits », pour prendre le temps de manger en bonne compagnie dans des conversations et des échanges riches, des voyages

En tant que membre d'une équipe de travail
    encourager la formation permanente, les échanges de pratique,
    développer un leadership éthique, et congruent, s'appuyant sur les passions, les talents et ressources  et les rêves de ses collaborateurs et de ses clients, et préservant un équilibre systémique et écologique
    créer un climat au sein de nos équipes fait de relations authentiques, avec des relations managériales respectueuses, valorisantes.
    mettre en place ou proposer des rituels forts: rituels de régulation de la vie affective de l'équipe, rituels de valorisation des travaux entreprise collectivement

En tant que citoyen
Lire, s'informer, être curieux de son environnement , des faits sociologiques et environnementaux
Se responsabiliser dans un projet collectif quel qu'il soit : être soi-même acteur avec d'autres de projets citoyens créant du lien, de la beauté, du soin, de la solidarité,...


En tant qu'éducateur ou enseignant
    focaliser sur le « donner soif d'apprendre » plus que sur le contenu
mettre les élèves ou apprenants dans des dynamiques de projets
favoriser les dynamiques de coopération plutôt que de compétition
éviter le dépersonnaliser l'enseignement , d'objétiser nos élèves et apprenants et garder une posture ouverte , encourageante, valorisante , mettant en exergue les talents et ressources sur lesquels s'appuyer et renforçant l'estime de soi.
se mettre soi-même en état de créativité permanente, se mettre constamment « en danger » pour sortir de la routine, avoir un enseignement « vivant »,  et en mesure de transmettre sa propre passion, son « état de grâce » , son « feu sacré »

En tant qu'acteur de changement leader, manager

    développer des innovations soucieuses du bien social et créatrices de valeur et de plaisir partagé
    améliorer les processus de travail , de production aussi bien que les « produits » ou services avec un souci qualitatif  répondant  tant à  la satisfaction des client, des fournisseurs que de ses collaborateurs
    prendre le temps d' une pratique sportive régulière et d'une pratique des arts ou pratiques méditatives , afin de prendre du recul, solliciter son imaginaire, se mettre en danger, se mettre en état de créativité, se connaître soi-même   

Privilégier des choix professionnels dans lesquels le goût « de la belle ouvrage », la fierté d'appartenance, le sens de l'action, l'apprentissage continu et le climat professionnel stimulant de relations positives et la créativité nous donnent notre compte de plaisir .
Privilégier des choix personnels dans lesquels je prends soin de moi, de ma santé, de ma créativité, de mes amitiés , de relations et aventures nourrissantes, de mon environnement proche et de la planète.
Déguster la vie par tous les sens : tomber en extase devant une rose qui s'épanouit ou la main d'un bébé, frissonner à l'écoute du chant du merle ou d'une symphonie, bouger son corps et danser sur la battement des percussions, déguster une fraise de saison ou une coupe de champagne, rire et chanter, enlacer ses proches , les toucher, et se laisser toucher , au sens propre comme au sens figuré, leur dire qu'on les aime et accepter qu'on nous aime.
Se mettre en état de créativité permanente, pour éviter la grisaille de la routine, pour passer de rebelle à constructif, pour passer de passif à pro-actif, pour inventer le monde de demain, pour attiser notre "feu sacré", notre passion de vivre, pour apprendre et encore apprendre et expérimenter .


Que cette nouvelle décennie nous permette ainsi, par cet attracteur étrange qu'est le plaisir, de sortir du chaos, de créer une synergie de nos énergies et de nos créativités, avec des effets exponentiels sur nos environnements de vie et professionnels, sur nos relations à nos proches et à nos "lointains".

Bonne année et bonne décennie

Isabelle Jacob
Par Isabelle Jacob - Publié dans : Réflexions
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Dimanche 25 octobre 2009 7 25 /10 /Oct /2009 22:34
Au cours du processus créatif lorsque l' on parvient à la phase de convergence, une véritable chape de plomb peut venir s'abattre sur le groupe avec un processus de convergence parfois poussif, long et fastidieux. : reclasser les idées par famille ( "clusterisation" dans le jargon franglais des fans du CPS).
Cette phase est particulièrement difficile: certes , elle permet au groupe de se réapproprier l'ensemble de la production, l'oblige à faire un exercice de synthèse, mais ce reclassement prend beaucoup de temps, et l'énergie du groupe retombe bien souvent dans cette phase là – Beaucoup de participants, notamment les plus imaginatifs laissent 2 à 3 « leaders»  plus "adaptateurs" réaliser cette opération.
Vient ensuite le temps de la sélection :
sélectionner les idées à partir de critères prédéfinis pour rationnaliser des choix d' idées valant le coup d'être développées.( par exemple en utlisant le grille EOFC ( Efficacité – Originalité – Faisabilité - Cohérence) 

Il arrive bien souvent, en fin de cette sélection, que le groupe soit démobilisé totalement, et quand vient le temps de créer des binômes ou trinômes pour développer les idées, créer des fiches concepts, mobiliser l'énergie en fin de parcours devient un exploit -
Comment maintenir le feu sacré du groupe jusqu'au bout?
Pourqoi le processus de convergence se doit-il d'être si fastidieux? Pourquoi de pas continuer à nous appuyer, lors de cette période, sur  deux des ressorts clefs de la créativité  : passion et intuition.

La sélection "affective"

De plus en plus, j'utilise le procédé de la « sélection coup de coeur ».
La consigne est simple et claire: je demande à chacun de choisir les idées qui, pour eux , seraient les plus magiques à leurs yeux, celles qui ont une étincelle de génie en elles, celles qu'ils « sentent » bien, peu importe pourquoi , celles qui les feraient rêver, les plus « fun » , les plus aspirationnelles, celles pour lesquelles ils seraient prêts à mettre de l'énergie pour continuer à les peaufiner – Je leur demande expressément de ne pas être trop focaliser sur la faisabilité et de procéder à un choix totalement subjectif, non rationnel,  un choix affectif, émotionnel, intuitif, résolument « cerveau droit » : les idées « insight » , les idées « Eureka », les idées "géniales".

On arrive ainsi à focaliser sur des idées dans lesquelles le groupe a mis de l'énergie -
Et c'est autour de ces idées  que les binômes ou trinômes volontaires  vont aller revisiter l'ensemble de la production du groupe, pour aller rechercher les idées produites qui peuvent venir enrichir l'idée « coup de coeur » , lui apporter des compléments, des regards différents, des potentiels de développement, … et ainsi transformer l'idée de départ en un véritable concept enrichi.
Et du coup, ce reclassement s'effectue de façon très rapide, de façon « fun », dans une dynamique « oui...et » , très enthousiasmante.

Alors, le groupe, amoureux de son idée, est prêt à dépenser de l'énergie pour les étapes suivantes telles que PPCO( plus, potentiels, craintes, options) et la formalisation de la fiche concept : dès lors, les critères d'aide à la décision concernant l'efficacité, l'originalité ( ou du moins le plus concurrentiel), la faisabilité et la cohérence avec le promoteur de l'idée sortent d'eux-mêmes. L'intuition est ainsi confortée par des arguments plus rationnels et se transforme au fur et à mesure en une clairvoyance, une évidence solide.

Qui plus est, les idées sont prêtes à être défendues et portées par les participants, prêts à défendre becs et ongles la poursuite de leurs projets, à remuer ciel et terre, à trouver alliés, compétences, ressources  pour faire éclore, grandir et faire vivre l'idée , ... véritables fers de lance de la dynamique projets qui suit la dynamique créative.


Un manque de rigueur?

MAIS, j'entends déjà les remarques dénonçant le peu de rigueur de cette approche basée sur l'intuition.
Allons donc voir de plus prêt ceux qui ont étudié le rôle de l'intuition dans les processus de décisions.
L’intuition est le mode de fonctionnement le plus ancien et le plus naturel de l’esprit humain. L ’intuition nous donne une « image » beaucoup plus complète d’une situation que ne peut le faire l’analyse rationnelle. Elle se base sur une quantité de données accumulées consciemment ou inconsciemment par l’ensemble de nos sens et procède par éclairs intuitifs, sollicités ou non, et s’avère particulièrement utile dans les processus décisionnels, particulièrement dans des situations complexes.

« C'est avec la logique que nous prouvons et avec l'intuition que nous trouvons. », nous dit Henri Poincaré. D'ailleurs, la plupart des scientifiques vous le diront : « sans éclairs intuitifs, point de découvertes ». Archimède, Léonard de Vinci, Isaac Newton, Albert Einstein et même Descartes ont fait l’éloge du processus intuitif.
Carl Gustav Jung, dejà en 1920, pensait que les managers intuitifs ont une capacité décisionnelle que le reste des personnes n'a pas, et cela consiste en une sorte de vision de ce qui va se passer.
Glaser note que l'intuition est vitale dans les décisions de Recherche et Développement .  Agor préconise le recours à l'intuition pour des décisions concernant l'émergence de nouvelles tendances ou de crises. Minzberg pense que l'intuition n'a jamais disparu dans la pratique quotidienne des cadres, elle s'est juste « dissimulée dans un obscur hémisphère du cerveau humain ». Papadakis suggère que les décisions de lancer un nouveau produit ou de se lancer dans une nouvelle activité ou encore les décisions marketing requièrent moins de rationalité que les décisions d'investissement financier ou de réorganisation interne .

Guy Aznar, dans son livre "Idées" a écrit sur l'indicatif hédonique:
Comment choisir la bonne piste parmi toutes ces ébauches d'idées qui parcourent la conscience ? Comment faire, au moment de l’invention, pour choisir dans la multiplicité des données qui traversent la conscience celles qui permettent d’atteindre un plus haut degré de cohérence ? …"le choix est toujours hédonique, affaire d’humeur plutôt que de logique », écrit William J.J. Gordon1… « Les inventeurs qui ont la chance improbable de découvrir de bonnes pistes savent être attentifs au sentiment intuitif de plaisir qui les avertit »…« il faut être aux aguets de ces sensations euphoriques…»… « l’orientation vers ce plaisir est un état psychologique susceptible d’être cultivé en tant qu’art d’atteindre le moment palpitant  du processus créateur »  « L’inventeur est en quête du plaisir annonciateur d’une solution élégante : il réagit à ce signal de solution comme à la sonnette de Pavlov et jouit d’un plaisir très vif".


Une intuition mature, infusée

Toutefois, afin de différencier processus intuitif et décision impulsive, encore faut-il que l'on ait  préalablement assimilé un maximum d’informations et déjà mûrement réfléchi de manière rationnelle à la problématique en question. Bref, que le processus de maturation nécessaire à la production d'une insight (char à Arthur Koestler) soit bien présent.
Ce qui est justement le cas en fin de parcours créatif :
les participants sont totalement imprégnés de la situation, ils ont longuement analysé le défi, les enjeux, identifié les sous-problèmes, se sont identifiés à la problématique, au porteur du projet, à ceux qui y résistent, ils se sont totalement assimilé les tenants et les aboutissants de la problématique , ont concassé, altéré, cherché des analogies, ont rêvé l'idéal, sont partis dans leur pensée magique, ont traduit déjà, dans les processus de croisement , les idées totalement magiques en idées plus directement réalistes, même si encore un peu folles. Le processus de maturation , de connexions inconscientes a ainsi été tellement accéléré que l'insight final est présent – et il est évident que dans toute la production du groupe, si foisonnante soit-elle, quelques idées ont directement « touché » les participants de leur fulgurante évidence de l' « Eureka ». Et c'est bien cela qu'il s'agit de saisir maintenant dans ce moment clef de la présélection. Moment où toute la qualité de la production créative peut se jouer , les idées les plus géniales pouvant être irrémédiablement vouées à être perdues !!!

On peut donc légitimement se fier à l'intuition de nos participants, bien plus même qu'à un processus rigoureux de sélection, avec critères, matrice pondérée, …. qui, de toutes façons, n'échappe pas non plus à la « subjectivité » ( on n'a qu'à voir les différences de notations entre participants lors de processus de sélection avec matrices )


Ainsi donc, le processus de convergence final reste-t-il fidèle à la posture créative globale, dans une ouverture à l'enrichissement, à la  combinaison, d'enrichissements, d'élaboration,  et aussi d'intuition, de plaisir et de passion.
La convergence hédonique en quelque sorte.

Et l'on aura ainsi suivi le précepte édicté par Mark Raison sur la convergence:
"Converger n'est pas éliminer,
c'est faire des choix constructifs"
et il n'y a qu'une lettre qui diffère entre "évaluer" et "évoluer"

Je dirais quant à moi,
"Converger , c'est construire sur ses intuitions
et les rationnaliser."


Isabelle Jacob


sources bibliographiques:
- Glaser : «  measuring intuition « - research technology Management – 1995
- Agor: « Using intuition to manage organzations in the future  » - Business Horizons – 1984
- Minzberg  - le Manager au quotidien – Edtions dorganisation - 1984
- Papadakis: «  strategic decision making processes: the rôle of management and context – Strategic management Journal - 1998
 - W.J.J. Gordon. "La synectique" - Editions Hommes et techniques. 1965.
- Guy Aznar - Idées - Editions d'organisation- 2005
Par Isabelle Jacob - Publié dans : Réflexions
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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /Sep /2009 17:36
Tous les ans, ça nous reprend :
un ou 2 jours avant la fin de vacances, un petit nuage apparaît dans le cerveau, qui passe vite fait et vient brouiller en quelques secondes ce moment magique au bord de la mer ou en extase totale devant le coucher de soleil en montage ou ce parfait moment de partage entre amis, un petit pincement  au plexus, tout petit, mais zut!!!

Puis, 1 ou 2 jours plus tard:  sur le chemin du retour , une digestion pas évidente, des bouffées de transpiration, une vague inquiétude, une moue sur le visage, un regard qui se ternit, la respiration qui se rétrécit :

ça y est, il est là, il revient:
 le blues de la rentrée

Demain, les symptômes seront plus graves:
un mal fou à se réveiller, une folle envie de panne d'oreiller,
une mauvaise humeur au petit déjeuner,
une angoisse incompressible en découvrant les 1 500 mails et 20aine de coups de téléphones urgents auxquels il faut répondre,
les factures qui se sont amoncelées, dont certaines dates de délais de paiement largement dépassées ( merci l'Urssaf d'avoir comme dates de paiement le 15 aout et le 31 Aout) , ….
marre de devoir répéter à tout un chacun les quelques phares rituelles de retour de vacances, pas le temps de vraiment raconter ce qui fut important,
vision apocalyptique de l'agenda à venir avec une envie si forte de freiner avant de rentrer dans le tourbillon.
Le stock de tout à reconstituer: plus de beurre, plus de café, plus de PQ, les lessives à lancer et faire sécher, les courses de rentrée , fournitures scolaires  et autres,

Et c'est plus fort que soi, en 2 jours, çà y est, complètement emportés dans le tourbillon, à nouveau: les réunions, les RV clients, les courses, l'agenda qui se bouscule, le téléphone qui n'arrête pas, et les mails qui continuent d'arriver, et de nouveau, 1h par jour pour nettoyer ses spams et cie, …..

stop, stop , stop, stop!!

Pourquoi tout d'un coup ai-je l'impression de marcher à coté de mes pompes?
De quoi suis-je en train de faire le deuil?
Qu'est-ce qui fait que d'un coup toute mon énergie est sucée, que je me sens vidé!!
Pourquoi ai-je l'impression d'un coup de « subir » mon sort? d'être victime, sans pouvoir, sans puissance?

Que se cache-t-il derrière ce blues?
Et si ce blues , au lieu de l'enfouir vite fait, bien fait, en me laissant happé par le tourbillon habituel, si j'écoutais ce qu'il me dit? Si je le prenais au sérieux, comme un appel à une écoute de mes besoins? Un appel à ma créativité existencielle?
Je reviens d'une semaine à l'espace du possible, dont l'université d'été portait sur « le management humaniste » et « la civilité créative » , et là, tant de témoignages sur la souffrance au travail ! Quelque chose d'assez effrayant qui semble se diffuser , se répandre dans toutes les couches de la société, qui contamine tout: la famille, les enfants, … jusque parfois... le  «burn out « voire le suicide

Alors écoutons.

De quoi fais-je le deuil au retour de vacances ?
de me lever quand je veux, si je veux
d'aller me coucher quand je veux, si je veux
d'être en contact quasi journalier avec la nature
d'être coupé des nouvelles, des journaux, d'internet, voire du téléphone
de m'habiller léger, souple, sans contraintes
de sentir le corps libre, libre de bouger, libre de se reposer, libre de faire la fête, libre d'habits, en contact avec le soleil, avec l'eau, avec le vent, avec la terre, avec les autres corps
de manger des fruits et légumes succulents de soleil
de n'avoir comme contraintes  que celles que je me mets
d'avoir un temps de vie fluide, avec un temps relationnel plus important que le temps « tâches »,
d'être dans un temps 100% présent, sans être entâché de que qui était hier et de ce qui ce que sera demain , parfois me totalement coupé de nouvelles, d'ordinateur, voire de téléphone , permettant ainsi d'être 100% là, présent à ce qui est,  dans l'ici et maintenant,
de prendre le temps d'un vrai partage, partage d'idées, partage d'émotions, partage de sensualité,  avec son conjoint, avec ses amis, parler avec enfants , non seulement faire avec eux, mais simplement le temps d'être avec eux …..


En quoi suis-je « à coté de mes pompes »?
Qu'est que qui fait que mon énergie est sucée, vidée?
Mon rythme  de travail n'est pas mon rythme biologique
je côtoie dès le matin des gens que je n'ai pas choisi, dans le métro par exemple
je prends à peine le temps de m'occuper de moi la matin, à peine le temps de la douche
Je passe plus de 60% de mon temps à faire des choses que je n'ai pas choisies de faire
j'effectue des tâches non choisies
je suis statique, assis toute la journée derrière mon ordinateur
je ne marche plus
je mange mal à midi , la plupart du temps, d'un simple sandwich
je n'ai plus assez d'activité physique
je n'ai plus d'activité créative, d'activité « gratuite » pour le simple plaisir de se faire plaisir
j'ai une liste de choses à faire qui me sape le moral à l'avance
les aspects purement matériels et domestiques envahissent tout: factures, impôts, courses, ….
je n'ai plus le temps de perdre du temps


Comment me donner le temps de l'activité physique, de la marche, de la présence à mon corps, à ma créativité personnelle : peut-être instaurer un rituel: un temps dans la semaine, dans le mois? un rituel de promenade à pied, un rituel du Week-end? Avec qui partager pour pouvoir s'épauler? Se créer des émulations à plusieurs, des gages pour celles et ceux qui n'y arrivent pas? Quel jeu mettre en place pour s'émuler mutuellement? Des repères de type « une fois par mois, je vais danser avec mes potes » -s'engager vis-à-vis d'un groupe, d'une activité,  prendre des abonnements, ...
Comment donner accès à mon corps  à cette liberté, et à ce contact avec les 4 éléments? Poser de vacances, se préréserver des week-ends prolongés, ...
Comment maîtriser davantage le flux relationnel pour devenir moins réactif mais davantage préventif - Là aussi, se créer des rituels? de type : appel à mes clients/fournisseurs tous les jours de 10h à 11h –
Comment transformer la relation purement fonctionnelle, commerciale ou hiérarchique en un moment de vrai partage, d'échange autant intellectuel que profondément humain? Quelle valaur ajoutée créative, affective , pédagogique puis-je donner à chaque relation professionnelle? Que puis-je apprendre de chaque lien ?
Comment éviter de se laisser envahir par les aspects administratifs, matériels, domestiques? Que puis-je automatiser ? Déléguer? Externaliser?  Ritualiser?
Comment prendre le temps de s'arrêter en cours de journée, prendre le temps d'appels personnels  prendre le temps de manger , prendre le temps du plaisir de bien manger, le temps de la rencontre? Le temps de l'informel?
Comment recréer des coupures de temps, des rebonds, des soupirs, des accélérations, des bombances et des vides, des pleins et des déliés  dans mon organisation de mes tâches, de mon temps.
Comment recréer dans ma vie de tous les jours de la fluidité, de la pulsation entre l'inspir et l'expir, entre le yin ( accueil, écoute, gestation) et le yang ( expulsion, mise en action), , de la divergence et de la convergence, de temps externe, du temps interne, du rituel et de l'inattendu, de l'organisation et du chaos, des temps de « avec les autres » et des temps de « avec moi » , de la nourriture à l'extérieur, et de la capitalisation à l'intérieur ..
Comment donner sa juste place au corps? A l'affectif? De façon à équilibrer, et permettre un juste intégration entre nos 3 pôles: mental, corporel, affectif.
Comment créer de vraies respirations, de vraies coupures permettant de vivre chaque moment au présent, sans être contaminé par les tâches et projets d'après?
Comment prendre le temps de l'  « être avec.. » , et non seulement du « faire avec »...

Comment ne pas subir? Comment reprendre ma puissance de création? Comment pouvoir être  pleinement acteur de mon quotidien professionnel, sans me victimiser?
Alors, il ne s'agit pas tant de prendre de « bonne intentions », mais simplement de prendre le temps de poser un peu tout cela- de simplement se dire : « chic, j'ai le blues de la rentrée ! Donc il y a des choses nouvelles à créer,  et  de se saisir de ce blues comme d'une opportunité pour expérimenter un nouveau cycle, un nouveau départ, de ne pas bêtement enchaîner en refaisant plus de la même chose! Non! insuffler dans notre vie professionnelle quelque chose de la qualité de vie présente dans nos vies de « vacance » - Essayer autre chose, différemment, créer, réinventer,  redéfinir,  insuffler du neuf, changer de place, changer de rythme,  changer de partition, éviter la répétition de ce qui était déjà routinier . Et s'amuser!!!! se remettre en quête de son plaisir, se remettre en quête de son désir , avec ses envies, avec son « génie »  – Car là est la clef de l'énergie créative, le coeur du feu sacré.
Par Isabelle Jacob - Publié dans : Réflexions
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Mercredi 1 juillet 2009 3 01 /07 /Juil /2009 16:10
Dès que l'on parle de démarches de créativité, beaucoup imaginent de suite leur intérêt pour tout ce qui touche à l'innovation. Aussi nous parait-il nécessaire de clarifier quand et pourquoi les approches d'animation créative sont pertinentes, au delà de l'animation de sessions créatives portant sur des projets d'innovation.

1- Faire émerger l'intelligence collective
Ici, il ne s'agit pas d' « inventer la poudre ».
Il s'agit plutôt de créer un espace de partage et de synergies des intelligences des participants, basées sur leur expérience, sur leurs représentations, sur leurs émotions et sensations, sur leurs freins et leurs motivations, leurs rêves. Une approche résolument « collaborative » appliquée à diverses finalités:

- Mobilisation des énergies:
déclencher désir et dynamique pour impliquer les participants dans un projet, une aventure, un changement … Dans ce cas, l'animation créative visera à faire créer un espace de partage des pratiques, à faire émerger les aspects émotionnels / projet, à créer les conditions d'une appropriation par chacun des tenants et aboutissants du projet, de ses enjeux , et .. des transformations que cela suppose , tant au niveau individuel qu'un niveau collectif . Ici le facilitateur se doit de créer un climat protecteur, avec une éthique claire par rapport  à l'institution, de façon à éviter la manipulation et à garantir l'aspect collaboratif du processus ( prise en compte et traitement  par l'institution des freins et résistances, propositions correctrices, ….)

- Formation:

créer les conditions pour que les nouveaux apprentissages s'ancrent sur les préacquis des formés: leur expérience et leurs représentations. Démystifier les savoirs, créer des passerelles, faire émerger le désir d'apprendre. La formateur sera un émulateur de ce partage collectif et ses apports seront une réponse à des questionnements, des changements à venir. Il deviendra alors un facilitateur de prises de conscience réellement ancrées et d'entraînements à des savoir-faire nouveaux et « désirés ».

- Résolution de problèmes
problèmes organisationnels ou de communication, réparation de dysfonctionnements, résolution de conflits interpersonnels ou inter-services , régulation d'équipe, amélioration de la qualité du service, ....
Ici, il sera important de mobiliser l'intelligence créative pour établir un diagnostic partagé, sans « culpabilisation » , de mobiliser l'auto-responsabilisation  afin de permettre une co-création de nouveaux modes de fonctionnement de façon négociée. Des techniques simples de créativité peuvent permettre de créer un climat à la fois protecteur, permissif et permettre à chacun d'exprimer les solutions optimales et acceptables.

Dans ces 3 cas de figure, on le voit, l'approche d'animation créative ne se focalisera pas sur une production d'idées « rupturistes », mais bien davantage sur une facilitation  du partage, dans un climat serein, d'expériences, de ressentis, de questionnements et de solutions simples et négociées.
On reste dans une dynamique de créativité proche du réel et du conscient, avec toutefois une approche « sensible » essentielle.

2 – Faire émerger l'imaginaire collectif
Par contre, il est des registres pour lequel l'imaginaire et/ou  l'inconscient seront davantage sollicités, souvent avec un accent mis sur la phase d'idéation.

- Création de projet :
la dynamique de création partagée sera essentielle, à partir d'un cahier des charges coétabli: recueillir des idées des participants pour atteindre un objectif rassembleur.

- Vision – prospective :

faire se projeter chacun dans l'avenir rêvé et/ou bâtir ensemble des scénarii d'avenir aspirationnels, faire partager les changements et ruptures souhaités et souhaitables, imaginer le futur collectif , permettre à chacun de se positionner dans ces changements visés. Ici , le facilitateur devra aider chacun à « se décrocher «  du présent , à rêver le futur, à déployer l'imaginaire individuel et collectif .

- Innovation:

nouveaux services,nouveaux produits ou nouvelles organisations – disruption
Le décadrage créatif sera ici très sollicité, avec un fort appel à l'imaginaire et à l'inconscient afin sortir du réel, de l'existant.

On le voit, le degré de divergence dans l'animation créative sera différent selon le registre.  Par contre, une approche sensible de créativité peut être sollicitée dans les 2 cas de figure, avec des degrés d'implication personnelle variables.


Les stratégies d'intervention créative vont devoir prendre en compte ces multiples aspects :
- le type de problème
- le type de résultat escompté
- le style de créativité des participants ( créatif adaptateur/créatif innovateur)
- la culture organisationnelle ( 4 éléments)
- le climat organisationnel
- le temps disponible
- la taille du groupe et ses composantes
- l'énergie préférentielle du facilitateur
- les étapes  du processus créatif ( défi, idéation, action)
- le type d'animation ( dynamique ou sensible)


Venez approfondir ces aspects dans le prochain séminaire:
les stratégies d'intervention créative
Séminaire de perfectionnement d'animateurs - facilitateurs et consultants-formateurs en créativité

Isabelle Jacob
Par Isabelle Jacob - Publié dans : Réflexions
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  • Isabelle Jacob
  • L'écharpe d'Iris
  • Femme
  • 05/08/1953
  • Paris aiIlleurs
  • musique culture écriture danse formation
  • mes passions:la créativité sous toutes ses formes: pensée créative, pédagogie créative, arts, créativité appliquée, démarches créatives - danse, biodanza - chant, musiques et rythmes

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