Jeudi 14 janvier 2010
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L 'année 2009 a été marquée par une prise de conscience que « rien de va plus », alimentée par de drôles de phénomènes: crises de gouvernance, remises en
question du tout libéral et du tout financier , développement de symptômes graves de souffrance au travail, avec ses phénomènes de « burn out », de Troubles musculo-squelettiques, de dépression
nerveuse, voire de suicide, tout ceci sur fond d'interrogations sur les équilibres écologiques à Moyen terme, le moyen terme se rapprochantt de jour en jour , de délocalisations quelque peu
abusives, de privatisations aux effets pervers, d'opérations de fusionsacquisitions, de crise boursière, de violences urbaines, ou de violences rurales, de licenciements encore et encore, de
doutes sérieux sur le bien fondé scientifique des campagnes de vaccination anti-grippe, ...et de constant que l'équilibre Nord-Sud n'est décidément pas prêt de se faire.
Et chacun de se réinterroger sur les nouvelles priorités à mettre en œuvre tant dans son quotidien de consommateur, de citoyen ou de travailleur .
Aussi je ne peux que nous souhaiter que 2010 soit un tournant vers une conception « hédoniste » de notre rapport à la plupart de nos actions, et de mobiliser notre créativité personnelle et nos créativités collectives pour modifier nos modes de travail, d'organisation, de leadership , d'innovation autour de valeurs « éthiques » .
Il y a tout à inventer, à réinventer!!!
Définition de la philosophie hédoniste :(selon Wikipédia)
« Les penseurs hédonistes ont orienté leur vie en fonction de leurs dispositions propres, mais on retrouve des thèmes communs : l'amitié (thème cher à Épicure), la tendresse, la sexualité libre, les plaisirs de la table, la conversation, une vie constituée dans la recherche constante des plaisirs (cf. Le Gorgias de Platon), un corps en bonne santé. On peut aussi trouver la noblesse d'âme, le savoir et les sciences en général, la lecture, la pratique des arts et des exercices physiques, le bien social...
Dans le même temps, les douleurs et les déplaisirs à éviter sont les relations conflictuelles et la proximité des personnes sans capacités contractuelles (sans paroles), le rabaissement et l'humiliation, la soumission à un ordre imposé, la violence, les privations et les frustrations justifiées par des fables, etc.
Ainsi, il n'y a pas d'hédonisme sans discipline personnelle, sans ascèse, sans connaissance de soi, du monde et des autres. Les fondations directes d'une philosophie hédoniste sont la curiosité et le goût pour l'existence d'une part, et d'autre part l'autonomie de pensée (et non la croyance), le savoir et l'expérience du réel (au lieu de la foi)».
Une philosophie de la vie redonnant donc le pouvoir à l'Eros, une des 5 divinités primordiales de l'antiquité, celui qui « dompte l'intelligence et la sagesse ». « Éros est à l'origine de la création. Il nait de l'œuf cosmique issu de l'union de l'Éther et du Chaos. À la fois mâle et femelle, il a de nombreuses têtes d'animaux. ... Pour Phèdre, Éros est une divinité primordiale, « celui qui fait le plus de bien aux hommes », « il inspire de l'audace », « est le plus ancien, le plus auguste, et le plus capable de rendre l’homme vertueux et heureux durant sa vie et après sa mort . ..Agathon le présente comme le plus beau et le plus jeune des Dieux, n'en déplaise à Hésiode et Parménide. C'est un Dieu délicat qui « marche et se repose sur les choses les plus tendres » et « s'éloigne des cœurs durs ». Il est formé d'une essence subtile – c'est la grâce qui le distingue –, ne peut recevoir aucune offense, est de la plus grande tempérance. C'est le plus fort des Dieux, plus fort qu'Arès même. Il est très habile car il rend poète celui qui est inspiré de lui... Pour Socrate, Éros est amour de quelque chose : c'est l'amour de la beauté.» ( source Wikipédia)...
D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que « La pensée hédoniste a été fermement combattue par les régimes autoritaires (qu'ils soient religieux, philosophiques ou politiques). » ( source Wikipédia). Ou que cette philosophie a été caricaturée, dévalorisée, ridiculisée en l'accusant de maux de dépravation ou d'individualiste ou en la cantonnant à une acception purement « génitale ».
D'après Michel Onfray, l'hédonisme se résume par cette maxime de Chamfort : « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà, je crois, toute la morale ».( source Wikipédia)
Car imaginons les conséquences sociétales de ce principe philosophique:
plaisir et alimentation: privilégier le goût, l'apprentissage du goût : réhabiliter les fruits et légumes frais, et de saison, avec des circuits de distribution courts, réhabiliter les herbes aliments, nourrir correctement les animaux gambadant allègrement, prendre le temps de faire à manger, …
plaisir et habitat: lutter contre les dérives de l'anonymat , permettre à chacun d'avoir un minimum d'espace pour vivre, inventer de nouvelles formes de partage de l'espace pour recréer une mixité interclasses, inter-générationnelle, interculturelle, et créer les conditions pour que les habitants créent du lien entre eux, et puissent travailler et habiter dans des espaces proches (lutter contre les cités dortoir), redonner sa place aux piétons, aux places de marché, aux fêtes partagées, …
plaisir et travail: réenchanter le travail avec un rêve, une vision partagée, s'appuyer sur les désirs, les rêves, les talents et les ressources de chaque collaborateur – au sens premier du terme co-élaborateur
plaisir et vie politique ( « science des affaires de la cité ») : réenchanter la politique par une approche participative, des comités citoyens, une écoute des désirs, des projets communautaires,
plaisir et sciences : consacrer des budgets de recherche à la résolution de grands fléaux mondiaux tels que l'accès à l'eau, lutte contre la faim, énergies propres, désertification, exodes économiques ou climatiques, pandémies ( paludisme, sida, …) … valoriser les grandes découvertes renforçant les lois du vivant , ( et non la science au profit de la guerre, de la compétition, de l'appropriation et l'industrialisation du vivant, ..) - Réenchanter la recherche par une approche éthique
plaisir et économie: modifier les critères qualitatifs de mesure de nos performances économiques en mettant en avant des critères de bien être global – revaloriser les métiers créateur de valeur ajoutée humaine: soignants, éducateurs, chercheurs, services publics. .. toutes celles et ceux qui créent du savoir, du lien, du soin
plaisir et éducation: une éducation générant passion et motivation à apprendre, permettant une réelle expression des talents de chacun, basée aussi bien sur le savoir que sur la vie en groupe, la connaissance de soi, des autres et du monde, autonomie de pensée, curiosité. Une éducation où l'on apprend dans le plaisir, par le jeu, par l'implication, par l'expérience du réel. Une éducation où l'on parle davantage des merveiles du vivant, des grands penseurs , des grandes civilisations, des grands découvreurs que des guerres . Une éducation « aspirationnelle » , qui donne le goût pour l'existence, qui donne envie de vivre, de créer, s'exprimer, de s'impliquer, ...
plaisir et relations familiales et amicales : nos vies professionnelles se nourrissent de notre vie professionnelle et vice-versa ) arrêter donc de les opposer , de les cliver – développer des modes d'organisation du travail plus souples, prenant en compte l'importance d'une épanouissement affectif de chacun, le temps de se ressourcer,...
plaisir et créativité: c'est bien le propre de l'humain de disposer de plusieurs langages d'expression et de pouvoir « créer sa vie » et « résoudre en permanence des problèmes » pour s'adapter . Remettre au centre ce pouvoir de créativité en ne le cantonnant pas aux artistes et faisant de nous des « consommateurs » d'art et de culture , mais en nous redonnant notre pouvoir de créer nous-même nos dispositifs artistiques et culturels. Mettre systématiquement en place des modalités d'intelligence et de créativité collective, afin que chacun s'approprie les changements, les innovations,... et se responsabilise dans la résolution des problèmes rencontrés en cours de route.
Ceci veut bien dire de modifier nos priorités:
Arrêter de vivre de façon schizophrénique, une vie où plaisir et travail sont opposés, où vie privée et vie professionnelle deviennent incompatibles.
Arrêter de mobiliser notre créativité pour des innovations sans valeur ajoutée systémique , sans sens, qui ne servent qu'à une course en avant , sans vision à long terme
Arrêter d'opposer la logique humaine à la logique économique
Arrêter la recherche d'efficience en manageant au « chantage », par la peur et par le stress paralysants, toxiques voire pervers.
Arrêter la mise sous compétitionon au profit de modes de collaboration coopératifs, avec une volonté d'obtenir un haut niveau de satisfaction tant interne qu'externe
Arrêter de courir pour prendre le temps de la réflexion, de la prise de recul
Arrêter de ne considérer nos organisations que comme des machines à produire , dont les humains ne sont que des rouages, mais les construire sur des rêves et des visions riches de sens, créant pour chaque collaborateur les conditions d'une fierté d'appartenance et mobilisant la motivation et la créativité de chaque collaborateur.
Comme je ne peux attendre que les autres fassent le boulot, comment chacun d'entre nous peut-il se responsabiliser pour mettre dans sa vie cette composante du plaisir? Pour mettre de la vie dans sa propre vie ?
En tant que membre d'une entité familiale:
prendre plaisir à écouter ses enfants, à jouer avec eux, à apprendre avec eux, à créer avec eux
prendre plaisir à tirer de l'expérience de vie des anciens des enseignements pour notre vie d'aujourd'hui, les faire témoigner, assurer le partage de l'expérience auprès des jeunes générations
toucher, caresser , les êtres que l'on aime, être à leur écoute, les valoriser , leur dire qu'on les aime
créer des évènements, rencontres, partages, diners, fêtes,... permettant de rire, de se raconter,
avoir des temps informels , « gratuits », pour prendre le temps de manger en bonne compagnie dans des conversations et des échanges riches, des voyages
En tant que membre d'une équipe de travail
encourager la formation permanente, les échanges de pratique,
développer un leadership éthique, et congruent, s'appuyant sur les passions, les talents et ressources et les rêves de ses collaborateurs et de ses clients, et préservant un équilibre systémique et écologique
créer un climat au sein de nos équipes fait de relations authentiques, avec des relations managériales respectueuses, valorisantes.
mettre en place ou proposer des rituels forts: rituels de régulation de la vie affective de l'équipe, rituels de valorisation des travaux entreprise collectivement
En tant que citoyen
Lire, s'informer, être curieux de son environnement , des faits sociologiques et environnementaux
Se responsabiliser dans un projet collectif quel qu'il soit : être soi-même acteur avec d'autres de projets citoyens créant du lien, de la beauté, du soin, de la solidarité,...
En tant qu'éducateur ou enseignant
focaliser sur le « donner soif d'apprendre » plus que sur le contenu
mettre les élèves ou apprenants dans des dynamiques de projets
favoriser les dynamiques de coopération plutôt que de compétition
éviter le dépersonnaliser l'enseignement , d'objétiser nos élèves et apprenants et garder une posture ouverte , encourageante, valorisante , mettant en exergue les talents et ressources sur lesquels s'appuyer et renforçant l'estime de soi.
se mettre soi-même en état de créativité permanente, se mettre constamment « en danger » pour sortir de la routine, avoir un enseignement « vivant », et en mesure de transmettre sa propre passion, son « état de grâce » , son « feu sacré »
En tant qu'acteur de changement leader, manager
développer des innovations soucieuses du bien social et créatrices de valeur et de plaisir partagé
améliorer les processus de travail , de production aussi bien que les « produits » ou services avec un souci qualitatif répondant tant à la satisfaction des client, des fournisseurs que de ses collaborateurs
prendre le temps d' une pratique sportive régulière et d'une pratique des arts ou pratiques méditatives , afin de prendre du recul, solliciter son imaginaire, se mettre en danger, se mettre en état de créativité, se connaître soi-même
Privilégier des choix professionnels dans lesquels le goût « de la belle ouvrage », la fierté d'appartenance, le sens de l'action, l'apprentissage continu et le climat professionnel stimulant de relations positives et la créativité nous donnent notre compte de plaisir .
Privilégier des choix personnels dans lesquels je prends soin de moi, de ma santé, de ma créativité, de mes amitiés , de relations et aventures nourrissantes, de mon environnement proche et de la planète.
Déguster la vie par tous les sens : tomber en extase devant une rose qui s'épanouit ou la main d'un bébé, frissonner à l'écoute du chant du merle ou d'une symphonie, bouger son corps et danser sur la battement des percussions, déguster une fraise de saison ou une coupe de champagne, rire et chanter, enlacer ses proches , les toucher, et se laisser toucher , au sens propre comme au sens figuré, leur dire qu'on les aime et accepter qu'on nous aime.
Se mettre en état de créativité permanente, pour éviter la grisaille de la routine, pour passer de rebelle à constructif, pour passer de passif à pro-actif, pour inventer le monde de demain, pour attiser notre "feu sacré", notre passion de vivre, pour apprendre et encore apprendre et expérimenter .
Que cette nouvelle décennie nous permette ainsi, par cet attracteur étrange qu'est le plaisir, de sortir du chaos, de créer une synergie de nos énergies et de nos créativités, avec des effets exponentiels sur nos environnements de vie et professionnels, sur nos relations à nos proches et à nos "lointains".
Bonne année et bonne décennie
Isabelle Jacob
Et chacun de se réinterroger sur les nouvelles priorités à mettre en œuvre tant dans son quotidien de consommateur, de citoyen ou de travailleur .
Aussi je ne peux que nous souhaiter que 2010 soit un tournant vers une conception « hédoniste » de notre rapport à la plupart de nos actions, et de mobiliser notre créativité personnelle et nos créativités collectives pour modifier nos modes de travail, d'organisation, de leadership , d'innovation autour de valeurs « éthiques » .
Il y a tout à inventer, à réinventer!!!
Définition de la philosophie hédoniste :(selon Wikipédia)
« Les penseurs hédonistes ont orienté leur vie en fonction de leurs dispositions propres, mais on retrouve des thèmes communs : l'amitié (thème cher à Épicure), la tendresse, la sexualité libre, les plaisirs de la table, la conversation, une vie constituée dans la recherche constante des plaisirs (cf. Le Gorgias de Platon), un corps en bonne santé. On peut aussi trouver la noblesse d'âme, le savoir et les sciences en général, la lecture, la pratique des arts et des exercices physiques, le bien social...
Dans le même temps, les douleurs et les déplaisirs à éviter sont les relations conflictuelles et la proximité des personnes sans capacités contractuelles (sans paroles), le rabaissement et l'humiliation, la soumission à un ordre imposé, la violence, les privations et les frustrations justifiées par des fables, etc.
Ainsi, il n'y a pas d'hédonisme sans discipline personnelle, sans ascèse, sans connaissance de soi, du monde et des autres. Les fondations directes d'une philosophie hédoniste sont la curiosité et le goût pour l'existence d'une part, et d'autre part l'autonomie de pensée (et non la croyance), le savoir et l'expérience du réel (au lieu de la foi)».
Que voilà un beau programme!
Remettre l'Eros au centre de nos vies!
Devenir poète de nos vies, de nos relations, de notre savoir !
Remettre l'Eros au centre de nos vies!
Devenir poète de nos vies, de nos relations, de notre savoir !
Une philosophie de la vie redonnant donc le pouvoir à l'Eros, une des 5 divinités primordiales de l'antiquité, celui qui « dompte l'intelligence et la sagesse ». « Éros est à l'origine de la création. Il nait de l'œuf cosmique issu de l'union de l'Éther et du Chaos. À la fois mâle et femelle, il a de nombreuses têtes d'animaux. ... Pour Phèdre, Éros est une divinité primordiale, « celui qui fait le plus de bien aux hommes », « il inspire de l'audace », « est le plus ancien, le plus auguste, et le plus capable de rendre l’homme vertueux et heureux durant sa vie et après sa mort . ..Agathon le présente comme le plus beau et le plus jeune des Dieux, n'en déplaise à Hésiode et Parménide. C'est un Dieu délicat qui « marche et se repose sur les choses les plus tendres » et « s'éloigne des cœurs durs ». Il est formé d'une essence subtile – c'est la grâce qui le distingue –, ne peut recevoir aucune offense, est de la plus grande tempérance. C'est le plus fort des Dieux, plus fort qu'Arès même. Il est très habile car il rend poète celui qui est inspiré de lui... Pour Socrate, Éros est amour de quelque chose : c'est l'amour de la beauté.» ( source Wikipédia)...
Faire plaisir et se faire plaisir .
Programme égoïste?
Oh que non! Programme révolutionnaire ! Car désirer cela c'est réorienter toute notre énergie de créativité vers cela, faire en sorte que cela soit possible ,
franchir les obstacles, les croyances, les valeurs « anti-vie » qui nous entourent et dont tant se font les porte-paroles , voire les porte- drapeaux.Programme égoïste?
D'ailleurs, ce n'est pas pour rien que « La pensée hédoniste a été fermement combattue par les régimes autoritaires (qu'ils soient religieux, philosophiques ou politiques). » ( source Wikipédia). Ou que cette philosophie a été caricaturée, dévalorisée, ridiculisée en l'accusant de maux de dépravation ou d'individualiste ou en la cantonnant à une acception purement « génitale ».
D'après Michel Onfray, l'hédonisme se résume par cette maxime de Chamfort : « Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi ni à personne, voilà, je crois, toute la morale ».( source Wikipédia)
Car imaginons les conséquences sociétales de ce principe philosophique:
plaisir et alimentation: privilégier le goût, l'apprentissage du goût : réhabiliter les fruits et légumes frais, et de saison, avec des circuits de distribution courts, réhabiliter les herbes aliments, nourrir correctement les animaux gambadant allègrement, prendre le temps de faire à manger, …
plaisir et habitat: lutter contre les dérives de l'anonymat , permettre à chacun d'avoir un minimum d'espace pour vivre, inventer de nouvelles formes de partage de l'espace pour recréer une mixité interclasses, inter-générationnelle, interculturelle, et créer les conditions pour que les habitants créent du lien entre eux, et puissent travailler et habiter dans des espaces proches (lutter contre les cités dortoir), redonner sa place aux piétons, aux places de marché, aux fêtes partagées, …
plaisir et travail: réenchanter le travail avec un rêve, une vision partagée, s'appuyer sur les désirs, les rêves, les talents et les ressources de chaque collaborateur – au sens premier du terme co-élaborateur
plaisir et vie politique ( « science des affaires de la cité ») : réenchanter la politique par une approche participative, des comités citoyens, une écoute des désirs, des projets communautaires,
plaisir et sciences : consacrer des budgets de recherche à la résolution de grands fléaux mondiaux tels que l'accès à l'eau, lutte contre la faim, énergies propres, désertification, exodes économiques ou climatiques, pandémies ( paludisme, sida, …) … valoriser les grandes découvertes renforçant les lois du vivant , ( et non la science au profit de la guerre, de la compétition, de l'appropriation et l'industrialisation du vivant, ..) - Réenchanter la recherche par une approche éthique
plaisir et économie: modifier les critères qualitatifs de mesure de nos performances économiques en mettant en avant des critères de bien être global – revaloriser les métiers créateur de valeur ajoutée humaine: soignants, éducateurs, chercheurs, services publics. .. toutes celles et ceux qui créent du savoir, du lien, du soin
plaisir et éducation: une éducation générant passion et motivation à apprendre, permettant une réelle expression des talents de chacun, basée aussi bien sur le savoir que sur la vie en groupe, la connaissance de soi, des autres et du monde, autonomie de pensée, curiosité. Une éducation où l'on apprend dans le plaisir, par le jeu, par l'implication, par l'expérience du réel. Une éducation où l'on parle davantage des merveiles du vivant, des grands penseurs , des grandes civilisations, des grands découvreurs que des guerres . Une éducation « aspirationnelle » , qui donne le goût pour l'existence, qui donne envie de vivre, de créer, s'exprimer, de s'impliquer, ...
plaisir et relations familiales et amicales : nos vies professionnelles se nourrissent de notre vie professionnelle et vice-versa ) arrêter donc de les opposer , de les cliver – développer des modes d'organisation du travail plus souples, prenant en compte l'importance d'une épanouissement affectif de chacun, le temps de se ressourcer,...
plaisir et créativité: c'est bien le propre de l'humain de disposer de plusieurs langages d'expression et de pouvoir « créer sa vie » et « résoudre en permanence des problèmes » pour s'adapter . Remettre au centre ce pouvoir de créativité en ne le cantonnant pas aux artistes et faisant de nous des « consommateurs » d'art et de culture , mais en nous redonnant notre pouvoir de créer nous-même nos dispositifs artistiques et culturels. Mettre systématiquement en place des modalités d'intelligence et de créativité collective, afin que chacun s'approprie les changements, les innovations,... et se responsabilise dans la résolution des problèmes rencontrés en cours de route.
Ceci veut bien dire de modifier nos priorités:
Arrêter de vivre de façon schizophrénique, une vie où plaisir et travail sont opposés, où vie privée et vie professionnelle deviennent incompatibles.
Arrêter de mobiliser notre créativité pour des innovations sans valeur ajoutée systémique , sans sens, qui ne servent qu'à une course en avant , sans vision à long terme
Arrêter d'opposer la logique humaine à la logique économique
Arrêter la recherche d'efficience en manageant au « chantage », par la peur et par le stress paralysants, toxiques voire pervers.
Arrêter la mise sous compétitionon au profit de modes de collaboration coopératifs, avec une volonté d'obtenir un haut niveau de satisfaction tant interne qu'externe
Arrêter de courir pour prendre le temps de la réflexion, de la prise de recul
Arrêter de ne considérer nos organisations que comme des machines à produire , dont les humains ne sont que des rouages, mais les construire sur des rêves et des visions riches de sens, créant pour chaque collaborateur les conditions d'une fierté d'appartenance et mobilisant la motivation et la créativité de chaque collaborateur.
Je suis un acteur de ce changement
Comme je ne peux attendre que les autres fassent le boulot, comment chacun d'entre nous peut-il se responsabiliser pour mettre dans sa vie cette composante du plaisir? Pour mettre de la vie dans sa propre vie ?
En tant que membre d'une entité familiale:
prendre plaisir à écouter ses enfants, à jouer avec eux, à apprendre avec eux, à créer avec eux
prendre plaisir à tirer de l'expérience de vie des anciens des enseignements pour notre vie d'aujourd'hui, les faire témoigner, assurer le partage de l'expérience auprès des jeunes générations
toucher, caresser , les êtres que l'on aime, être à leur écoute, les valoriser , leur dire qu'on les aime
créer des évènements, rencontres, partages, diners, fêtes,... permettant de rire, de se raconter,
avoir des temps informels , « gratuits », pour prendre le temps de manger en bonne compagnie dans des conversations et des échanges riches, des voyages
En tant que membre d'une équipe de travail
encourager la formation permanente, les échanges de pratique,
développer un leadership éthique, et congruent, s'appuyant sur les passions, les talents et ressources et les rêves de ses collaborateurs et de ses clients, et préservant un équilibre systémique et écologique
créer un climat au sein de nos équipes fait de relations authentiques, avec des relations managériales respectueuses, valorisantes.
mettre en place ou proposer des rituels forts: rituels de régulation de la vie affective de l'équipe, rituels de valorisation des travaux entreprise collectivement
En tant que citoyen
Lire, s'informer, être curieux de son environnement , des faits sociologiques et environnementaux
Se responsabiliser dans un projet collectif quel qu'il soit : être soi-même acteur avec d'autres de projets citoyens créant du lien, de la beauté, du soin, de la solidarité,...
En tant qu'éducateur ou enseignant
focaliser sur le « donner soif d'apprendre » plus que sur le contenu
mettre les élèves ou apprenants dans des dynamiques de projets
favoriser les dynamiques de coopération plutôt que de compétition
éviter le dépersonnaliser l'enseignement , d'objétiser nos élèves et apprenants et garder une posture ouverte , encourageante, valorisante , mettant en exergue les talents et ressources sur lesquels s'appuyer et renforçant l'estime de soi.
se mettre soi-même en état de créativité permanente, se mettre constamment « en danger » pour sortir de la routine, avoir un enseignement « vivant », et en mesure de transmettre sa propre passion, son « état de grâce » , son « feu sacré »
En tant qu'acteur de changement leader, manager
développer des innovations soucieuses du bien social et créatrices de valeur et de plaisir partagé
améliorer les processus de travail , de production aussi bien que les « produits » ou services avec un souci qualitatif répondant tant à la satisfaction des client, des fournisseurs que de ses collaborateurs
prendre le temps d' une pratique sportive régulière et d'une pratique des arts ou pratiques méditatives , afin de prendre du recul, solliciter son imaginaire, se mettre en danger, se mettre en état de créativité, se connaître soi-même
Privilégier des choix professionnels dans lesquels le goût « de la belle ouvrage », la fierté d'appartenance, le sens de l'action, l'apprentissage continu et le climat professionnel stimulant de relations positives et la créativité nous donnent notre compte de plaisir .
Privilégier des choix personnels dans lesquels je prends soin de moi, de ma santé, de ma créativité, de mes amitiés , de relations et aventures nourrissantes, de mon environnement proche et de la planète.
Déguster la vie par tous les sens : tomber en extase devant une rose qui s'épanouit ou la main d'un bébé, frissonner à l'écoute du chant du merle ou d'une symphonie, bouger son corps et danser sur la battement des percussions, déguster une fraise de saison ou une coupe de champagne, rire et chanter, enlacer ses proches , les toucher, et se laisser toucher , au sens propre comme au sens figuré, leur dire qu'on les aime et accepter qu'on nous aime.
Se mettre en état de créativité permanente, pour éviter la grisaille de la routine, pour passer de rebelle à constructif, pour passer de passif à pro-actif, pour inventer le monde de demain, pour attiser notre "feu sacré", notre passion de vivre, pour apprendre et encore apprendre et expérimenter .
Que cette nouvelle décennie nous permette ainsi, par cet attracteur étrange qu'est le plaisir, de sortir du chaos, de créer une synergie de nos énergies et de nos créativités, avec des effets exponentiels sur nos environnements de vie et professionnels, sur nos relations à nos proches et à nos "lointains".
Bonne année et bonne décennie
Isabelle Jacob
Par Isabelle Jacob
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